Le début de l’année 2015 a été marqué par la fin officielle du processus de transition politique par l’investiture du premier gouvernement ‘permanent’ post révolution. Les défis auxquels ce dernier devait faire face étaient relativement complexes.

Entre une régression du PIB réel en 2014 à 2,3% contre 2.4% en 2013, un déficit record de 8.8% du PIB en 2014 et un climat social ébranlé avec des grèves en augmentation de 13 % en 2014 par rapport à 2013, la tâche du nouveau gouvernement semblait difficile, vu que la loi de finance de 2015 tablait sur une croissance de 3% dans un environnement impropice.

En effet, les répercussions liées à la détérioration du climat social au premier semestre engendrant une augmentation des jours perdus de 32% par rapport à 2014 associée aux conséquences des attaques terroristes du musée du Bardo et celles de Sousse, ont contraint le gouvernement à préparer une loi de finance complémentaire par laquelle il devait revoir à la baisse le taux de croissance et établir un plan pour sauver les structures hôtelières et relancer l’économie.

La baisse de la facture des énergétique et le résultat exceptionnel des exportations d’huile d’olive, qui a valu à la Tunisie le titre du premier exportateur mondial, ont aidé à compenser, en partie, les baisses des recettes du secteur touristique ramenant le déficit courant à 4.6% du PIB, marquant une nette amélioration par rapport à un déficit de 5.3% en 2014.

Le deuxième semestre a connu l’enclenchement des premières réformes visant à moderniser et consolider le secteur bancaire par l’allocation des fonds destinés à la recapitalisation, controversée mais nécessaire, des banques publiques et qui a couté 1 milliard de dinars.

Cette période de l’année a connu également la signature d’un accord avec l’UGTT pour une énième augmentation salariale. Une paix sociale qui coutera plus de 600 millions de dinars par an au contribuable.

Par ailleurs, les recettes touristiques ont été touchées de plein fouet avec une baisse de 30% par rapport au premiers 10 mois de 2014, sans oublier l’exposition de certaines banques sur ce secteur. En conséquence le taux de chômage a subi une légère hausse. De plus, les revenus miniers-phosphate- ont chuté de 40% sur la même période.

En revanche, les IDE ont enregistré un accroissement de 5.5% sur les 11 premiers mois par rapport à 2014 ce qui témoigne d’une timide confiance des investisseurs.

En outre, l’inflation a connu une baisse de 5.5% au début de l’année à 4.3% en fin d’année et la BCT a baissé son taux d’intérêt directeur de 50 points de base après une hausse soutenue entre 2012 et 2014 reflétant ainsi le ralentissement de l’économie en 2015.

Il résulte de ce qui précède que la montée des tensions sociales et les menaces sécuritaires ont eu des conséquences néfastes sur l’économie tunisienne en 2015 et n’ont pas permis de cueillir les avantages de la transition démocratique merveilleusement réussie, bien que l’économie a montré des signes de résiliences.

La paix sociale signée en 2015 combinée avec le plan de développement (2016-2020) mûrement réfléchi et présentant une nouvelle vision économique et sociale du développement axée sur la lutte contre le chômage, la pauvreté et une croissance accrue pourraient être le grand remède aux grands maux de la Tunisie.

Salah Ayari
ilboursa

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