Alors qu’il s’était demandé s’il n’était pas fini pour le rugby, l’ouvreur des All Blacks a réussi une Coupe du monde exceptionnelle.

Et, à la dernière seconde de son dernier match avec les All Blacks, l’homme qui avait inscrit
1 471 points de son pied gauche a pris son élan pour taper du pied droit. Il en rêvait depuis ses débuts sous le maillot de la Nouvelle-Zélande, et c’est donc là, en finale de la Coupe du monde, à la fin de douze années de carrière internationale, que l’idée lui est revenue en tête.
« Il restait trente secondes à jouer, nous avions une marge de plus d’un essai d’avance. Je me suis dit : c’est comme ça que je veux finir ma carrière», racontera Daniel Carter. Et la transformation est passée. Ce n’est pas un exploit. Mais cette dernière action est une pirouette délicieuse, un jeu d’enfant en Mondovision, qui couronne autant un parcours remarquable que le plus beau come-back individuel de l’année. Le joueur du Racing a raconté sa renaissance dans un long texte sur le site The Players Tribunes. Les premiers mots disent tout : «Je pensais que j’étais fini. Qu’il était temps de meretirer.» C’était fin2013 et Carter sentait son corps le lâcher peu à peu. Il l’avoue, sans le soutien de sa femme, joueuse internationale de hockey sur gazon, il aurait alors dit stop.Mais il s’est accroché au rêve de la Coupe du monde 2015, dans un pari loin d’être gagné. Car Carter jouait donc peu, pas très bien quand il était apte, et l’émergence de jeunes ouvreurs laissait penser qu’il n’était
plus indispensable à la bonne marche des All Blacks. Au lendemain de la finale de la Coupe du monde, Ian Forster, l’entraîneur des trois-quarts néo-zélandais, avouait qu’il pensait Carter perdu. «Mais, ajoutait-il, on se devait de le soutenir.» Pas aveuglément, cependant. Cet été, avant de retrouver l’Australie une semaine après une défaite à Sydney, le staff
néo-zélandais a mis son numéro 10 dos au mur. «Nous avions la certitude qu’il était notre ouvreur pour cette Coupe du monde. Mais il devait le montrer. Et il a répondu présent.» Comme il le fera deux mois plus tard alors qu’il sortait d’un début de compétition médiocre qui avait poussé un éditorialiste néo-zélandais à demander sa mise à l’écart. Un récital
magique face à la France en quarts (62-13), une partition tout en maîtrise face à l’Afrique du Sud en demies (20-18) et puis un modèle de match contre l’Australie en finale (34-17), avec un drop décisif à la clé, symbolique de son retour à la  vie. «J’ai vu une ouverture. C’était instinctif, risqué et c’était un geste que je n’aurais jamais pu tenter si je n’avais pas
eu pleinement confiance en mon corps.»

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