Le Fonds d’appui à la compétitivité et au développement des exportations, baptisé «Tasdir+», une composante du 3e Projet de développement des exportations (PDE3), a été officiellement lancé, ce matin, lors d’une journée d’information organisée par le Cepex, en présence de Ridha Lahouel, ministre du Commerce, Aziza Htira, PDG du Cepex et présidente du fonds, Chefia Chalbia, directrice coordinatrice du fonds, Abdelmajid Zar, président de l’UTAP, Taoufik Mlayah, membre de l’UTICA, des représentants de la Banque Mondiale, du secteur des exportations et de la presse nationale.

S’étalant sur une période de cinq ans (2015/2019), le PDE3 est financé en partie par la BIRD pour un montant de 50 millions de dollars. Il vise à promouvoir les exportations tunisiennes, à accroître et diversifier les exportations des entreprises tunisiennes des biens et services, et ce, à travers une panoplie de services de soutien et d’accompagnement (conseil et assistance technique) et des subventions partielles avec un cofinancement non remboursable de 50% au profit des entreprises individuelles et de 70% pour les associations professionnelles.

A noter que ces subventions sont plafonnées à 150 mille dinars par bénéficiaire et à 200 mille dinars en cas d’implantation à l’étranger.

Le projet vise, également, à soutenir l’action publique en matière d’amélioration du milieu des affaires et de facilitation d’une croissance économique tirée par les exportations, à appuyer directement des entreprises du secteur privé en quête d’expansion et diversification de leurs offres exportables et de leurs marchés d’exportation, ainsi qu’à pérenniser le soutien aux exportateurs tunisiens en assurant une synergie entre les différentes parties prenantes, à savoir le Cepex, la Cotunace, la Douane, la STAM, l’Innorpi et les ministères concernés.

Il est destiné aux entreprises en activité effective depuis deux années au moins à l’exception des start-up, aux entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires annuel à l’export ne dépassant pas les 30 millions de dinars et aux entreprises qui ont une situation financière saine.

Il se focalisera sur les activités à haute valeur ajoutée dans plusieurs secteurs, notamment les industries électroniques, automobiles, aéronautiques, pharmaceutiques, les services de santé, d’éducation, d’offshoring, IT, le tourisme et l’habillement.

Dans son allocution d’ouverture, Ridha Lahouel a mis l’accent sur l’importance du fonds «Tasdir+» ayant pour objectif d’augmenter la valeur ajoutée des exportations, d’accroître le nombre d’opérations dans ce domaine, de diversifier les marchés et les produits, et d’encourager les projets innovants à fort taux d’intégration et les start-up.

Sur un autre plan, le ministre a annoncé qu’à l’issue des négociations de Nairobi, la Tunisie va profiter des subventions à l’exportation jusqu’à 2030, contrairement aux pays développés qui ne profiteront plus de ces subventions et les pays en développement qui ne profiteront de ces négociations que jusqu’à 2023.

Revenant sur les problèmes que connaît le secteur des exportations en Tunisie, M. Taoufik Mlayah a relevé les lacunes du Port de Radès, notamment son inadéquation, qui coûte à la Tunisie 600 MDT de pertes par an : «De quelle compétitivité des entreprises exportatrices peut-on parler face aux problèmes énormes vécus quotidiennement par l’exportateur dans ce port ?», s’insurge-t-il. Il a appelé à trouver des solutions immédiates afin de faire réussir à 100% le PDF3 et autres projets ambitieux.
Dans le même sillage, Abdelmajid Zar a affirmé que mis à part les problèmes d’infrastructure qui sont considérables, même la mentalité d’exportation est absente en Tunisie. «Malheureusement, à ce jour, on ne vise que les marchés traditionnels ayant une valeur ajoutée en baisse. Il est, donc, temps de libéraliser le secteur pour cibler de nouveaux marchés à forte valeur ajoutée, tel le marché africain», a – t-il affirmé en concluant que pour ce faire, il faut miser sur les formations adéquates, et revoir le système législatif…

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