Conjointement avec le puissant syndicat UGTT, l’organisation patronale Utica, l’Ordre national des avocats de la Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) recevront ce jeudi le Nobel de la paix à Oslo pour avoir sauvé la transition politique dans leur pays. Une solution que le Quartet voudrait voir appliquée en Syrie et en Libye.

À la veille de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix qui sera remis, ce jeudi 10 décembre, à Oslo, au Quartet tunisien composé du puissant syndicat UGTT, de l’organisation patronale Utica, de l’Ordre national des avocats et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Abdessatar Ben Moussa, président de la LTDH, a déclaré, lors d’une conférence de presse dans la capitale norvégienne, que « les armes ne peuvent jamais être une solution, ni en Syrie ni en Libye : il y a besoin de dialogue, pas de sang ni de combattants. »

Jeudi, à 13 heures (12 heures TU) à l’Hôtel de ville d’Oslo en présence du roi Harald de Norvège et du gouvernement norvégien. le Quartet recevra en effet la prestigieuse récompense des mains de la présidente du comité Nobel, Kaci Kullmann Five, pour avoir organisé le « dialogue national » entre islamistes du parti Ennahdha et leurs opposants.

L’exception tunisienne
Au milieu du tumulte du Printemps arabe – qui a germé sur ses terres -, la Tunisie est un modèle de réussite dont les autres États devraient s’inspirer, avait estimé le comité Nobel en décernant le prix le 9 octobre. Alors que la Libye voisine, la Syrie, le Yémen et l’Égypte sombraient dans la guerre, le chaos ou la répression, la Tunisie s’est, elle, dotée d’une nouvelle Constitution et a organisé des élections libres.

« La Tunisie est une exception pour l’instant parmi les pays du Printemps arabe mais cela ne signifie pas que cela ne puisse pas être imité dans d’autres pays », a affirmé mercredi Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT.

« Les différences, quelle que soit la nature de ces différences, peuvent toujours être surmontées par le dialogue », a renchéri Fadhel Mahfoudh, bâtonnier de l’Ordre des avocats.

« Nous avons réussi notre transition démocratique mais nous devons réussir notre transition économique », a ajouté Ouided Bouchamaoui, présidente de l’Utica, actuellement aux prises avec l’UGTT sur la question d’une augmentation salariale dans le secteur privé.

Le Nobel consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 8 millions de couronnes suédoises (un peu plus de 863 000 euros).

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