Khaled Zribi, président du conseil d’administration de la Bourse de Tunis a fait le point sur la réunion du conseil tenue hier et qui a validé la stratégie de la BVMT pour 2016-2020. Revenant d’abord brièvement sur l’année écoulée qui s’est soldée par une baisse de 0,94% de l’indice Tunindex en rythme annuel, avec seulement deux introductions contre 6 en 2014.

Khaled Zribi a indiqué que le nombre d’introductions n’est pas si important dans l’absolu, c’est surtout le fait que des secteurs clés de l’économie tunisienne ne soient pas représentés sur la cote de la BVMT qui interpelle les professionnels, à l’image des télécoms, de l’agriculture… La Bourse de Tunis ne deviendra véritablement un baromètre de l’économie que si tous les secteurs y sont représentés, une seule introduction d’une grande compagnie opérant dans le secteur énergétique ou télécom boosterait la capitalisation et rapprocherait la place tunisoise des standards internationaux et d’un statut de marché frontière voire émergent, lui offrant plus de visibilité au niveau international, a-t-il ajouté au micro d’Express Fm.

La capitalisation actuelle de la Bourse de Tunis avoisine les 10 milliards de dollars, rappelle Zribi, mais pour figurer dans la composition d’un indice de marché frontière, comme est le cas de la Bourse de Casablanca par exemple, il faudrait atteindre au moins les 50 milliards de dollars, ce qui permettrait à la BVMT d’apparaitre sur les radars des gérants de fonds internationaux, un objectif d’autant plus important que la Tunisie aspire à attirer plus d’investisseurs étrangers. C’est pourquoi il faudra travailler plus sur la qualité au détriment du nombre, même si un grand nombre de sociétés cotées à la Bourse de Tunis serait un très bon indicateurs, il y a toutefois des préalables et surtout, la question qui refait toujours surface, celle de la volonté politique de prendre en compte le marché financier comme axe majeur dans sa politique de développement.

Concernant la stratégie proprement dite, Khaled Zribi a annoncé trois axes majeurs autour desquels elle sera articulée, à savoir le développement du marché boursier, le développement du rôle institutionnel de la Bourse et la promotion et vulgarisation de la culture boursière. Le développement du marché boursier passera par la prospection de nouveaux émetteurs, avec un travail de « lobbying » en collaboration avec les pouvoirs publics. Il sera également question de la nouvelle plateforme de cotation, dont les travaux débuteront en 2016 pour être opérationnelle en 2017 et qui supportera de nouveaux produits et attirera de ce fait de nouveaux investisseurs. Cet axe passera également par le développement du marché des titres de créances, encore très faible en Tunisie, pour faire en sorte qu’il y ait un vrais marché obligataire secondaire. Au niveau de la liquidité du marché central de la Bourse, un comité de place avec Tunisie Clearing, le CMF, etc., travaille au développement du modèle de marché, avec les nouveaux instruments négociables que permettra la nouvelle plateforme, mais également l’évolution du métier d’intermédiaires en Bourse vers le market making…

L’institutionnalisation de la Bourse de Tunis se fera quant à elle, à l’image de ce qui a été fait à Paris, à titre d’exemple avec la création de Paris Place, où au Maroc avec la Casablanca Finance City, autrement dit une institution de place qui travaillera au développement de tout l’écosystème de manière coordonnée, et englobant tout les acteurs, la Bourse proprement dite, mais aussi Tunisie Clearing, le CMF, l’AIB… Toutes les parties prenantes ont adhéré à cette démarche, qui a pour le moment pris la forme d’un comité de place et qui devra évoluer vers une institution formelle, et dont le nom serait Tunis Place Financière et qui prendrait en charge le développement de la place de Tunis, et pourquoi pas en faire un hub de service financier, selon Khaled Zribi. D’un autre coté, il faudra assurer une veille réglementaire et participer à l’élaboration des textes et cadres qui régissent le marché en collaboration avec toutes les parties prenantes, dont le ministère des finances, pour éviter que les professionnels soient pris au dépourvu comme il est arrivé lors de l’introduction des comptes épargne en actions avec des textes qui n’ont pas pu être appliqué jusqu’à leur modifications des années plus tard, a fait savoir Khaled Zribi.

Le troisième axe de la stratégie concerne, la vulgarisation et la promotion de la culture boursière. Un programme dense est prévu avec pour objectif de diffuser la culture de la Bourse au plus grand nombre, et l’inculquer dès le plus jeune âge, insiste Khaled Zribi.

Un grand travail se sensibilisation est en cours, indique le président du conseil de la BVMT, même si la volonté politique n’est pas encore au rendez vous comme l’espère la profession, avec une relative rigidité sur le cadre légal. Aucune économie développée n’a pu croitre sans un marché financier puissant. L’objectif est d’atteindre un taux de financement de l’économie par la Bourse entre 20 et 30% sur les cinq prochaines années, contre 7% actuellement, on accordera la priorité au marché primaire pour une finance au service de l’économie plutôt qu’au service de la finance, sans négliger toutefois le secondaire.

TUSTEX

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