La localité de Regueb vit sa révolution agricole, mais non sans difficultés

La délégation de Regueb à Sidi Bouzid, l’une des régions agricoles les plus importantes en Tunisie, est en train de vivre une dynamique à travers la diversification de la production agricole, la modernisation des exploitations et l’orientation vers l’exportation des produits vers plusieurs pays voisins et d’autres pays européens, tels que la France, l’Allemagne et l’Italie.

Dans cette localité au positionnement géographique stratégique et qui compte 10 000 hectares de terres arables avec plus de 1300 puits de surface et 200 puits profonds, les citoyens et les exploitants sont aujourd’hui, en train d’introduire, en plus des cultures traditionnelles, de nouvelles cultures, dont les agrumes, les vignes, les pêchers et les grenadiers.

Ces nouvelles cultures ont contribué à la création d’une dynamique d’emploi de la main d’œuvre dans la région et suscité un effet d’entraînement pour d’autres secteurs. Toutefois, cette dynamique risque d’être freinée ou entravée à cause de problèmes liés, en particulier, à la surexploitation des ressources en eau et à la pression sur la nappe phréatique.

Des études ont déjà montré que les ressources en eaux souterraines ne peuvent pas répondre aux besoins de la région, ce qui pourrait contraindre les exploitants de la région à recourir à l’électrification des puits, qui fonctionnaient aux moteurs diesel. La profondeur de ces puits a déjà dépassé les moyennes habituelles, soit 20 mètres.

Or, l’électrification des puits ne semble pas une procédure simple pour la plupart des agriculteurs, ce qui pourrait décourager les investisseurs et dissuader certains agriculteurs et partant causer une baisse des superficies cultivées.

Parmi les autres problématiques freinant le développement du secteur agricole dans la région de Rgueb, il y a lieu de citer les pistes agricoles non aménagées, ce qui complique le déplacement des producteurs et entrave la vente des légumes et des fruits destinés à l’exportation et la vente des produits hors de la ville, notamment, pendant les journées pluvieuses.

Les habitants de la région appellent, par ailleurs, à la modernisation du système sanitaire qui connaît un manque au niveau du cadre médical et paramédical (un médecin pour 5000 habitants) et d’une quasi-absence des équipements de base.

Ils demandent, en outre, l’installation d’unités industrielles de transformation qui exploiteraient la production agricole disponible dans la région et mobiliseraient une importante main d’oeuvre spécialisée, en plus de la mise en place d’un marché de gros. La modernisation de l’infrastructure de base, à l’instar de la création de zones industrielles, et celle de directions et représentations des principales administrations est également une demande incessante pour attirer les investisseurs.

Le coordinateur régional du programme du développement intégré, à Sidi Bouzid, Mourad Azizi a indiqué que plusieurs projets ont été programmés au cours des dernières années dans la délégation de Rgueb, dont certains ont déjà démarré.

Il s’agit, notamment de la construction d’un centre de collecte et de réfrigération des produits agricoles pour une enveloppe de près de 900 mille dinars dont l’entrée en exploitation est prévue pour cette semaine.

En outre, il y a lieu de signaler le début de la réalisation d’un marché de gros d’un coût de 600 mille dinars, d’un centre de santé de base à Erridhaa (173 mille dinars) et d’un club pour enfants dans la même région (321 mille dinars).

Un projet d’adduction au réseau de l’eau potable au profit de 150 familles a également démarré (650 mille dinars) et 65 jeunes ont profité d’une formation dans les plusieurs spécialités agricoles demandées à Rgueb.

TAP

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