Accès aux soins en Tunisie : un problème de disparité régionale

Les problèmes d’accès aux soins en Tunisie touchent, notamment, les régions intérieures, a affirmé le ministre de la santé, Said Aidi, donnant, à cet égard, l’exemple du gouvernorat de Tataouine qui ne dispose d’aucun gynécologue en dépit du nombre important de ses habitants.

S’exprimant, jeudi, lors du panel sur « l’accès aux soins de santé » qui s’inscrit dans le cadre des journées de l’Europe qui se tiennent du 24 au 26 mai 2016 à Tunis, Aidi a souligné que l’objectif consiste, au cours de la prochaine étape, à garantir l’accès aux soins pour tous, évoquant , dans ce cadre, l’article 38 de la constitution tunisienne qui appuie cette orientation.

Pour résoudre les problèmes d’accès aux soins, le ministre a insisté sur l’obligation de placer le citoyen au centre des réflexions, en renforçant notamment la coopération entre les différents acteurs concernés.

D’après le ministre, le renforcement du système public de santé passe par une bonne gouvernance qui prend en considération la modernisation de ce système.

Ce renforcement exige, aussi, des ajustements législatifs et une mise en application des lois, a-t-il ajouté.

La résolution des problèmes d’accès aux soins passe aussi par le réseautage territorial des centres de santé de bases, a indiqué Aidi , énumérant, dans ce contexte, les problèmes actuels dont souffrent ces centres à l’instar du manque du personnel médical et paramédical et des difficultés d’accès à ces institutions.

La solution réside aussi au niveau de l’éducation à la santé, a précisé le ministre, insistant sur la mise en place d’une politique de prévention et de promotion de la santé adaptée au contexte sociopolitique tunisien.

« Il faudra chercher ensemble les solutions pour les problèmes d’accès aux soins en Tunisie », a estimé, pour sa part, Faiza Kefi, présidente du comité technique du dialogue sociétal sur la santé.

Le problème majeur est celui de la centralisation des soins de santé et des disparités régionales en la matière, selon Kéfi qui a souligné que les efforts doivent être axés sur une politique de décentralisation et d’une coopération plus fructueuse avec le secteur privé de la santé.

Mettant en valeur le dialogue sociétal sur la santé, elle a évoqué son importance dans la présentation d’une vision commune à long terme aidant à prévenir les problèmes du secteur de la santé et à anticiper les solutions à temps.

L’ambassadeur de Bulgarie en Tunisie, Mihail Nikolovski a lié les problèmes du secteur de la santé au domaine social.

Il a estimé que l’amélioration des conditions de vie des citoyens favorise la résolution des problèmes de santé.

Le problème du manque de médecins dans les hôpitaux régionaux peut être aussi résolu par l’intermédiaire du développement social, a-t-il dit, insistant sur la nécessité de garantir les conditions sociales favorables encourageant les médecins à s’installer dans les régions.

Pour sa part, Moncef Belhaj Yahia, secrétaire général de l’association tunisienne de défense du droit à la santé (ATDDS) a fait le point sur les problèmes d’accès aux soins pour les migrants établis en Tunisie, dont certains d’eux trouvent des difficultés d’accès même aux soins de première ligne.

TAP

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