L’Inde et l’Union européenne (UE) ont franchi une étape décisive dans leurs relations commerciales en annonçant leur intention de finaliser un accord de libre-échange d’ici la fin de l’année 2025. Cette initiative stratégique, dévoilée lors de la visite officielle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à New Delhi, vise à renforcer leur partenariat économique face aux défis géopolitiques et commerciaux actuels, notamment les tensions avec les États-Unis.
Une relance dynamique des négociations après des années d’impasse
Après huit années de stagnation, les négociations ont été relancées en 2021, témoignant d’une volonté commune de dynamiser les échanges commerciaux et technologiques. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a souligné l’ambition de cet accord en déclarant : « Nous avons préparé un plan de collaboration dans les domaines du commerce, de la technologie, de l’investissement, de l’innovation, de la croissance verte, de la sécurité, de la formation et de la mobilité. » Il a également donné des directives claires pour accélérer les discussions et atteindre cet objectif ambitieux.
Un partenariat commercial en pleine expansion
L’UE se positionne comme le premier partenaire commercial de l’Inde pour les échanges de marchandises, avec un volume d’échanges bilatéraux ayant connu une croissance de près de 90 % au cours de la dernière décennie. Les transactions ont atteint 137,5 milliards de dollars (132,26 milliards d’euros) pour l’année fiscale 2023/24, illustrant l’importance cruciale de ce partenariat pour les deux économies. Cet accord de libre-échange promet de renforcer cette dynamique, en particulier dans les secteurs stratégiques tels que les nouvelles technologies, l’industrie pharmaceutique et la transition énergétique.
Des défis importants à surmonter pour un accord ambitieux
La conclusion d’un accord de libre-échange représente un défi de taille pour l’Inde, l’un des marchés les plus protégés au monde. Des concessions majeures seront nécessaires, notamment en matière de réduction des droits de douane et d’ouverture du marché à certains secteurs clés de l’économie européenne. Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité d’un accord « ambitieux » couvrant le commerce et l’investissement, avec un accent particulier sur les secteurs à forte valeur ajoutée tels que les batteries, les semi-conducteurs, l’hydrogène propre et la défense.
Des divergences persistantes et des obstacles à négocier
Malgré l’engagement affiché, des divergences subsistent. L’UE souhaite que l’Inde réduise ses droits de douane élevés, notamment sur les automobiles, le whisky et le vin, tandis que l’Inde cherche un meilleur accès au marché européen pour ses médicaments, produits chimiques, textiles et produits en cuir. La proposition de l’UE d’une taxe carbone de 20 % à 35 % sur certains produits à forte empreinte environnementale à partir de 2026 suscite également de vives tensions.
Un accord à fort enjeu géopolitique dans un contexte de tensions mondiales
Au-delà des aspects économiques, cet accord revêt une importance géopolitique majeure. Face à l’essor de la Chine et aux tensions commerciales avec les États-Unis, l’UE et l’Inde cherchent à renforcer leur coopération pour consolider leur influence sur la scène internationale. Un accord réussi représenterait l’un des plus importants traités commerciaux pour l’Inde, ouvrant de nouvelles perspectives de croissance et de diversification économique.
Les Prochains Mois : décisifs pour la finalisation de l’accord
Les prochains mois seront cruciaux pour la conclusion de cet accord historique. Les négociations devront surmonter des obstacles importants, mais l’engagement commun des deux parties témoigne d’une volonté forte de construire un partenariat durable et mutuellement bénéfique.